Public et privé : le cumul, entre nécessité financière et conflit d'intérêts
Sujet dont tout le monde parle en salle des professeurs et que personne n'écrit. J'essaie de séparer trois choses qu'on mélange en permanence.
Le droit ne se tranche pas ici. Le cumul d'activités d'un fonctionnaire est encadré par des textes, et les règles diffèrent selon qu'il s'agit d'un emploi régulier, d'heures ponctuelles ou d'une activité déclarée. Entre ce qui est autorisé, ce qui est toléré en pratique et ce qui expose réellement, les collègues affirment tout et son contraire avec la même assurance. La seule réponse fiable est le texte applicable à votre statut.
L'économie. Point de départ honnête : beaucoup ne cherchent pas un complément de confort, ils cherchent à boucler un budget. L'ignorer rend toute discussion morale hors-sol.
La déontologie. Deux situations très différentes. Enseigner ailleurs, à d'autres élèves : la question est celle de la fatigue et de la disponibilité — terminer à 21h et préparer moins bien le lendemain n'est pas un jugement moral, c'est de l'arithmétique, et la perte se voit dans le public. Donner des cours payants à ses propres élèves : là il n'y a pas de débat. La même personne évalue et vend le soutien, ce qui rend sa neutralité invérifiable même quand elle est irréprochable — et les familles qui ne peuvent pas payer se demandent, légitimement, si leur enfant est traité comme les autres.
À discuter : peut-on cumuler sans que le cours public en pâtisse ? Et le vrai sujet n'est-il pas en amont, dans le niveau de rémunération qui rend le cumul nécessaire ?
Restons sur les pratiques, pas sur les personnes.